Et l'attente commença. Les minutes passaient au ralenti.
Recroquevillée sur le canapé, je fixai l'horloge.
Dans combien de temps Alice s'apercevrait-elle qu'elle ne voyait plus mon futur ? Cela suffirait à alerter Edward, qui débarquerait ici le plus vite possible.
Jacob s'était retransformé, et, malgré mon horreur et mes supplications, s'était posté dehors, pour mieux suivre le mouvement d'Oliver.
Souvent, je me levai pour vérifier entre les volets qu'il était toujours là.
Cette attente était insupportable. Le silence était tel qu'il en devenait assourdissant, seulement interrompu par les mugissements du vent au dehors.
Soudain, alors que nous entamions la quatrième heure depuis que je m'étais enfermée, j'entendis un drôle de gémissement rapidement étouffé.
Alerte, je bondis sur mes pieds et me précipitai sur la porte en criant :
-Jacob ?
J'ouvris la porte à la volée et fit quelques pas dans le jardin, sous le ciel couleur plomb.
Nulle trace du loup.
-Jacob ? répétai-je, angoissée. Jacob, où es-tu ?
Je me tournai vers la maison, dans l'espoir de le voir.
Le tonnerre roulait au loin, les nuages s'amassaient au-dessus de la ville comme une chape de plomb, la pluie commençait à se déverser et le vent glacé s'infiltrait partout autours de moi. Et ce silence, toujours implacable.
-Jacob ??
Je sentais la panique parcourir mes veines. Je répétai encore sans nom, sentant moi-même les accents déchirants de ma voix. La pluie redoubla d'intensité et je me retrouvai rapidement trempée.
-Il ne t'entendra pas, là où il est, susurra une voix, juste derrière moi.
La terreur atteignit son paroxysme et je fis brusquement volte-face. Il était là, debout devant moi, campé sur ses jambes. Un fin sourire étirait ses lèvres et une lueur machiavélique brillait dans ses prunelles sombres et glacées.
Tout mon corps semblait paralysé. J'avais l'impression que la glace avait remplacé le sang qui coulait dans mes veines. Impuissante, je le regardais s'approcher de moi.
Je sentais chaque cellule de mon corps qui me hurlait de m'enfuir, mon esprit s'embrumait déjà, ne supportant plus cette déferlante d'émotion.
Lorsqu'il tendit son doigt fin vers ma joue, mes jambes réagirent enfin.
Je tournai les talons et me précipitai dans la maison. Bien qu'il fût vaguement surpris, je sentis qu'il avait déjà réagi. Je n'osai pas vérifier à quelle distance il était.
Je claquai inutilement la porte derrière moi et me précipitai vers l'escalier de marbre. Je n'avais absolument aucune chance de lui échapper, mais mon cerveau refusait de prendre cette option en compte et faisait tout pour me protéger.
Je montai les marches quatre à quatre et sursautai lorsque la porte d'entrée fut arrachée. Le vent s'infiltra avec force dans la demeure. Je trébuchai et tombai sur les marches, m'égratignant la lèvre au passage, mais me relevai rapidement et continuai mon ascension.
Je courrai dans le couloir vide, me précipitant vers la seule porte que je considérai comme un abri : la pièce du fond, la chambre d'Edward. Je m'y engouffrai avec l'énergie du désespoir.
Que faire, maintenant ?
La porte fut déjà arrachée à la volée, laissant apparaître le vampire. Je reculai vers la fenêtre.
Sous la pression du vent dans la maison, les fenêtres s'étaient ouvertes. Mes cheveux volaient devant mes yeux, le souffle glacial me faisait trembler. Alors que les larmes perlaient à mes yeux fermés, sentant ma fin proche pour la deuxième fois en quelques heures, un énorme bruit retentit. Stupéfaite, je rouvris les yeux.
Ce n'était plus Oliver qui était devant moi. Mais Edward.
Il était dos à moi, légèrement penché en avant. Un gros trou ornait le mur d'en face.
Même si le soulagement s'empara de moi, à tel point que je faillis en sourire, je me retins de pousser un cri lorsqu'Oliver réapparut, passant à travers l'énorme trou.
Edward se tourna alors brièvement face à moi et me tira contre lui, enfouissant ma tête contre son torse pour m'empêcher de voir. Terrorisée, tremblante et trempée, je me bouchai les oreilles.
Au bout de quelques minutes pendant lequel j'essayai de combattre l'étourdissement qui s'emparait de moi, Edward saisit mes poignets et les amena près de mon corps. Je relevai la tête, scrutai l pièce –Oliver avait disparu et Emmett et Jasper sortait de la pièce- puis reportai mon attention sur Edward.
Plus pâle encore que d'ordinaire, ses prunelles dorées brillaient d'un éclat de fureur.
-Ca va ? murmura-t'il.
Je hochai vaguement la tête. Dans un brusque élan, il me reprit dans ses bras et posa son front contre mes cheveux.
-Désolé, souffla-t'il. Désolée, tout est de ma faute, je n'aurais jamais du partir...
J'ouvrai déjà la bouche pour protester, mais il m'entraîna vers l'escalier et, épuisée, je le suivis sans rechigner.
Malgré le fait que je sois trempée et que sa peau me glaçait d'avantage, je me collai à lui, comme si j'avais peur qu'il s'eclipsât.
Il ne disait pas un mot, tendu, se contentant de caresser le bas de mon dos.
Avant que nous ne descendions, je rompis timidement le silence :
-Tu es en colère...contre moi ?
Surpris, il s'arrêta net. Il se tourna vers moi, pris mon visage entre ses mains et m'embrassa. C'était un de ces baisers violents, frustrés, qui nous laissaient tous les deux haletants.
-Pas contre toi, Bella, certainement pas. Contre moi. Toujours contre moi, pour t'exposer un peu plus chaque jour près de la mort...
-Tu veux dire, me sauver un peu plus chaque jour de la mort ? corrigeai-je en fronçant les sourcils.
Il passa un doigt sur ma joue.
-Je ne mérite pas ton amour, souffla-t'il.
-Arrête avec ça, s'il te plaît, Edward...
Un faible sourire passa sur ses lèvres mais ses prunelles restèrent graves.
-Viens, ils nous attendent en bas. Tu dois nous raconter tout ce qu'il s'est passé, dit-il rompant notre petit moment de douceur.
►Ghost Song_BO VIRGIN SUICIDES
La retour d'Eward XD
Je ne sais pas trop quoi en penser de ce chapitre, alors dîtes-moi tout =P
Le prochain chapitre devrait vite arriver, promis!
Bisous =)