Edward détacha ses lèvres des miennes.
En essayant de réprimer un gémissement de protestation, je le regardai, d'un air interrogateur.
-Alice veut te parler, me répondit-il, avec un drôle de sourire.
Je fronçai les sourcils et m'assit à côté de lui. Quelques minutes plus tard, un cri retentit :
-Bellaaaaaaa !
Alice fit irruption dans la chambre, affichant un air paniqué, un cahier dans les mains.
-Bella !! J'ai absolument besoin de toi !!
-Euh...Alice, ça ne va pas ? m'enquis-je.
-Noooon ! gémit-elle, au bord du désespoir.
Je jetai un coup d'½il à Edward. Il se retenait visiblement de sourire.
Sa s½ur s'assit entre nous, en poussant Edward et me présenta son bloc-notes :
-Le fleuriste ne peut plus nous fournir la centaine de freesias que j'avais demandées !!! Il faut absolument que tu choisisses d'autres fleurs tout de suite, sinon, le mariage sera une catastrophe !!
-Euh, bon, laisse-moi regarder hein...
-Dépêche-toi surtout ! Il ne nous reste plus qu'un mois, et je crois que je vais devenir folle ! s'écria-t'elle dramatiquement en me collant le cahier dans les mains et en disparaissant aussi vite qu'elle était arrivée.
Edward reprit sa place à mes côtés, pour jeter un coup d'½il aux différentes photos.
Notre mariage était prévu pour dans un mois, en août. En effet, j'avais accepté de me marier, à la condition qu'il ait lieu avant mon dix-neuvième anniversaire.
Depuis que j'avais accepté et en avais fait part à un Charlie estomaqué, je vivais la plupart de temps chez les Cullen. Cela arrangeait tout le monde. Moi, je préférais m'éloigner de mon père, le temps qu'il digère l'information et je n'aurais pas supporté ses remarques amères envers Edward. Alice, qui s'était mise en ½uvre de tout organiser pour que le mariage soit le plus grandiose de Forks –ce qui ne devrait pas être très dur-, voulait sans arrêt m'avoir sous la main pour discuter des détails. J'avais ainsi du choisir, si je préférais avoir un tapis blanc écru ou blanc cassé, si des fleurs bleues au lieu de roses sur les invitations me dérangeaient, si je préférais un piano simple ou tout un orchestre...J'aurais souhaité le mariage le plus sobre possible, mais Alice ne l'entendait apparemment pas de cette oreille. Je l'entendais protester désespérément que le délai était trop court, et lorsque je lui répondais qu'un mariage en jean et basket ne me dérangeait pas, elle me priait sèchement d'arrêter de raconter des idioties.
Je tournai les pages du catalogue, sans savoir quoi décider.
Je m'appuyai contre le dossier du canapé en fermant les yeux. Un effleurement frais sur ma joue me les fit rouvrir.
Edward me regardait en souriant tendrement :
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je ne sais pas quoi choisir ! répondis-je en soupirant et en faisant la moue. Dans ce genre de truc, je suis incapable de prendre une décision...
-Tu préfères des roses ou des orchidées ? se moqua-t'il gentiment.
Il posa le cahier à côté de lui, se leva souplement et me remit sur mes pieds, en m'enlaçant.
-Je sais que c'est dur pour toi, souffla-t'il au creux de mon oreille. Si tu veux, je demande à Alice d'arrêter tout ça...
-Non. Nous ne serions pas aussi méchants que ça quand même ? Et puis...Finalement...je suis presque contente de me marier.
-Pardon ?
-On va dire que le marié y contribue pour beaucoup hein... soupirai-je, en lui lançant un petit sourire.
Et les conditions de l'après-mariage aussi. Mais je passai sous silence cette information.
J'avais été sincère en disant que j'étais contente de me marier. L'effervescence joyeuse qui régnait dans la maison des Cullen et l'immense joie d'Edward me rendait simplement heureuse et me faisait oublier les récents évènements.
Outre l'attaque des nouveau-nés et de Victoria, l'absence de Jacob me rendait triste. Je ne l'avais plus vu depuis un mois et n'avais aucune idée d'où il pouvait être. Je n'osai appeler Billy. Etant pratiquement toujours en compagnie d'Edward, je refusai de lui faire plus de mal. Il avait beau me dire qu'il me pardonnait évidemment, qu'il était incapable de rester fâchée contre moi et que ce n'était pas de ma faute, mais celle de « ce sale cabot manipulateur », il n'en restait pas moins que je sentais un affreux sentiment de culpabilité me ronger le c½ur.
Comme pour essayer de me faire pardonner, je me hissai sur la pointe des pieds et posai mes lèvres sur les siennes. Il me rendit mon baiser et me serra un peu plus fort dans ses bras.
Un discret toquement nous interrompit et nous eûmes la surprise de voir entrer Carlisle.
-Bella, Charlie a appelé. Il veut te parler...
► Why Does It always rain On Me?__TRAVIS